vendredi 19 décembre 2008

Jura 16e ...Preise dein Glück ...*

A Lélex ... le montagnard est là !
Souvenez-vous ...
A Mijoux, il était clair que j'aurai tout juste le temps d'aller au Crêt-de-la-Neige avant l'arrivée de ... la neige.

C'est à dire ... ce soir !

Mais je suis au col de Crozet et le brouillard cache déjà les crêtes.
Donc, marcher dans le brouillard avec des chaussures trempées puis dormir dans la neige, pas de réseau ...

Sans compter que ce temps froid et humide s'installe pour plus d'une semaine ...

Seul, je n'irai pas !

Au fond, un petit goût de "Revenez-y" n'est pas pour me déplaire.
On m'indique la direction de Lélex,

Je plonge.

Quel plaisir de terminer dans de bonnes conditions, moral au beau fixe, vêtements secs, du temps devant soi et un projet pour l'avenir.

Deux heures plus bas, pas de bus avant la soirée.

Une jeune vietnamienne me fait la causette et me prend en photo puis un chauffeur africain accepte généreusement de m'emmener jusqu'à la gare de Bellegarde-sur-Valserine.

Par la fenêtre du wagon, je vois défiler les paysages du Jura que je quitte à regret (280 Km en 16 étapes, la moitié avec ma fille Héloïse).
Je me dis que j'ai su saisir ma chance et je suis heureux.

Et puis ...

j'ai trouvé ce que je cherchais !

Une belle introduction à ma nouvelle vie : des paysages magnifiques, des rencontres, le plaisir de la randonnée dans la nature, mais aussi et surtout,
la certitude que peux marcher en montagne ...

... et suivre mon guide !

Hubert
.
A l'année prochaine, sur d'autres sentiers ...

.
* "Preise dein Glück !" = Estime ta chance ! ou Apprécie ta chance !

Jura 15 (6) Chachacha (Glaglagla !)

Au petit matin blême ... un petit point vert ...


Les vêtements trempés collent à la peau ; il faut s'en débarrasser au plus vite. Le duvet humide se referme comme une porte de cave sur un corps ruisselant et grelottant.

Le sol en pente me fait glisser vers la toile mouillée de condensation.

Que se passera-t-il cette nuit ?

Y aura-t-il de la neige au matin ?

Je ne pense pas à m'envelopper dans ma couverteure de survie mais je me rassure en pensantque j'ai des vivres et de l'eau pour trois jours et des vêtements secs au fond du sac pour demain (enveloppés dans des sacs plastiques étanches).

Je tente de signaler ma position avec le portable. Pas de réseau !
L'aventura ! Vous verrez du pays, qu'ils disaient ...

Tourner la manivelle de la dynamo, la lumière est assurée.Quelques barres chocolatées me réconfortent. Je pense à tous ceux que j'aime et que je veux revoir. Mieux vaut qu'ils ne sachent pas ; après tout, je ne suis pas dans l'Himalaya.

Je ne ferme pas l'oeil de la nuit, me retournant sans cesse dans le duvet froid, humide et trempé par l'eau des vêtements et du sac qui s'écoule doucement le long du matelas.

La tente se couche à moitié sous les assauts du vent et à présent, le grésil mitraille sans répit la fine toile de nylon.

Protéger la carte, le topo, l'appareil-photo ... et demain ...

Au matin, les éléments se sont calmés.
Sortir du sac et se changer. Que c'est bon !

Pas de neige, mais le froid brûle les doigts engourdis qui doivent replier la tente et ranger.

Solitude ...

Se remettre en route. Après le virage, à 300 m, les bâtiments des téléskis du col de Crozet.
Un 4X4 de maintenance monte de la vallée...

... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

Tout ça pour ça !

Tout ça pour un grain de sable qui grippe la belle machine : bonne préparation, équipement tip-top, forme olympique ...

Tout ça parce que ma lampe était dans le sac, sous la cape ... au lieu d'être à portée de main, dans ma poche (comme l'Opinel et le portable).

J'aurais terminé dans un fauteuil et au sec de chez sec, les pieds en éventail, bercé par les hululements du vent dans les voiles ...

Il paraît que l'expérience entre à coup de pieds aux fesses, mais pour moi c'était plutôt un ...

KO technique !

Qu'importe, car au fond,
quand j'y pense,
j'étais là pour ça ...

Non ?

Hubert

..... L'ALBUM-PHOTO de la journée .....


Pour la nuit, désolé, pas de reportage.
J'étais très occupé !

mercredi 17 décembre 2008

Jura 15 (5) ... Twist and shout !

Le fil d'Ariane.

La lumière décline, le soir tombe inexorablement ...

Je suis la clôture au bord de la falaise comme un fil d'Ariane qui se déroule de ballons en vallons.

Bientôt, la pénombre envahit le paysage d'un voile inquiétant et le sentier quitte peu à peu son son tracé évident.

A présent, je dois suivre les petites balises en bois fichées en terre. Elles font 30 cm et sont surmontées du signe rouge et blanc. Elles zigzaguent entre les larges gouffres jurassiens (emposieux ?) larges comme autant de trous d'obus. Ils sont tous fermés, sauf un qui est tout de même protégé.

Elles suivent plus ou moins les sentiers des vaches qui parfois se divisent, s'éloignent puis se perdent ou se rejoignent comme les rails d'une gare de triage.

La pluie glacée redouble et je lutte contre le vent. J'équarquille les yeux et sous mes pieds, je cherche la terre et les cailloux pour ne pas dévier dans l'herbe glissante.


Bientôt je ne distingue plus les balises et j'avance au jugé.

Il faut absolument rejoindre ce chemin qui n'est sans doute plus qu'à une centaine de mètres.

La lampe est maintenant indispensable. Sous la pluie battante, j'enlève ma cape, je pose le sac. Elle est bien là, dans la poche supérieure. L'eau dégouline dans mon cou, mon pantalon mouillé se plaque sur mes jambe. Vite, remettre la cape. Mais impossible de lutter contre le vent déchaîné.

Je finis par renoncer. De toute façon, je suis déjà trempé comme une soupe, de la tête aux pieds.

Après 50 tours de manivelle, je serre ma cape dans une main avec mes bâtons et je continue ma progression hasardeuse ma petite lumière dans l'autre ...

Incroyable, une balise à 10 m, un peu plus haut, sur la gauche.

A côté, Elle aussi, Elle est là, souriante et détendue, short bleu et tee-shirt jaune de l'été, les cheveux au vent ...
Déjà, elle m'entraîne dans la nuit ...

Une, trois, cinq balises , je saute sur le chemin .

Et maintenant, à gauche, à droite ?

La question n'est plus là. Trouver 2 m de terrain à peu près plat et sans cailloux. J'erre sur ce plateau désolé pendant quelques minutes ...

Mes doigts rougis et raidis par le froid jettent la tente un peu au hasard. Le sac et le bonhomme plongent à l'intérieur.

Entre l'arrêt et la fermeture de l'abri ...

10 secondes !!!

Hubert

jeudi 11 décembre 2008

Jura 15 (4) .... et Tango ! Tango !

Du Colomby, partir à regret ...

Impossible de s'arrêter par ici.
Partir très vite sans se retourner.

Le sentier s'étire encore et toujours en "montagnes russes".

Creux et bosses se succèdent comme les dunes de sable dans le désert. L'espoir d'une pente vers un petit plateau paisible est déçu au sommet de chaque ballon, comme dans la scène finale du film de Cayatte,"Oeil pour oeil ".

Verrais-je le bout de ce "grand-huit" avant le tunnel du "train fantôme" ?

Biodégradable, qu'il disait ?

Hubert


Jura 15 (3) Sur un nuage ...


Au Colomby de Gex (1689 m) ... du vent dans les voiles !

Paysage d'opéra.
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Marcher au bord abrupt d'une falaise mourant dans une mer de nuages ...

L'herbe est rase, de rares fleurs sourient au randonneur. Impression grisante de solitude de bout du monde.
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Au loin, comme un gâteau glacé, le prochain sommet s'offre à ma gourmandise.
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Des panneaux d'interdictions diverses attestent la présence pérodique de toutistes prédateurs. Je détourne les yeux des parkings et je suis les traces laissées en été par les vaches en goguette.

Déjà les premières balises "rouge et blanc" fichées en terre guident mes pas. La lumière décline imperceptiblement ...

Un dernier raidillon sur le sentier raviné et j'arrive au Colomby de Gex (1689 m).

Je suis heureux d'avoir atteint le but de ma journée.

Vite, une photo et un appel ...
Mais il faut s'accrocher au pylône !

Mijoux était à 984 m.
Mine de rien, 700 m de dénivelé avec 17 kg sur le dos, pour une 1 ère fois ...
Je pense très fort à d'autres belles aventures ...

Mais aujourd'hui, dans la bourrasque glacée d'octobre, c'est ...

mon petit Canigou à moi !

Hubert


Jura 15 (2) Calys et Marie

Calys, Marie ... et mes bâtons.

Il est déjà midi (Hou la la !)
Un léger crachin s'est invité.
Toutes les fausses pistes du coin, aussi !

Le facteur me remet sur le droit chemin et une jeune femme qui trimbale une bouteille de gaz plus lourde qu'elle, me conseille la Route Royale.
Excusez du peu.

Je croise des promeneurs poursuivis par vent. Sous le grand parapluie, c'est Marie et son chien Calys. Plein de choses à se raconter, des confidences aussi ...

Une maman pressée et ses deux petits poussins trempés (6 et 8 ans) pataugent dans la gadoue. Je l'admire ; elle a été courageuse de les emmener dans ce paradis malgré le temps.

La pluie glacée redouble mais j'arrive bientôt au Grand Montrond (1596 m).
Premier sommet. Je me sens bien.
Envie d'avaler les suivants ...
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A gauche, au loin, le lac Léman,
la vue des Alpes ...

... en rêve !

Hubert

Jura 15 (1) Quand faut y aller ...

Bivouac à Mijoux

Le matin, le coup de blues est loin.
En pleine forme !

Petit tour au Syndicat d'initiative. Accueil sympathique et efficace de Clélia qui me donne les dernières prévisions météo.
Le temps est têtu.
Nous calculons ensemble si je peux traverser le Crêt de la Neige avant ... la neige.
C'est ma dernière chance avant une semaine d'intempéries sérieuses.

Maintenant ou jamais !

Hubert

La gentille postière aussi, avait le blues ...

mercredi 10 décembre 2008

Jura 14 (6) ... Tombé des nuages ...

Mijoux

A Trécombe, il faut choisir.

A droite : rester à 1200 m, peu de dénivelé, villages, promenade ...
A gauche : monter à 1700-1800 m, ça grimpe, personne, aventure ...
Je tourne à gauche, après tout, je suis là pour ça.
Descente rapide sur Mijoux.

Le soir tombe et peu à peu, la fatigue de cette longue journée se fait sentir.
Cette première vraie plongée dans la vallée est pénible malgré les bâtons (qui s'avèrent indispensables).

Le vent frais du soir me glisse à l'oreille que la météo va dérailler. Les jours fastes sont derrière moi.
Après le chemin de lumière, un village de vallée désert entre chien et loup.
A l'affichage, dans la pénombre, on annonce de la neige sur les hauteurs pour après-demain.
Lentement, insidieusement, le moral glisse dans les chaussettes.

Où dormir ?
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Coup de pompe !

Assis sur le banc du Sherpa (supérette des vallées de montagne), je regarde passer les camions et les voitures.
Faire du stop jusqu'à la prochaine gare ?

Je comprends peu à peu pourquoi on parle tant du mental des sportifs pourtant si forts et si séduisants. Je pense à Laure Manaudou qui erre sans succès depuis qu'elle a quitté son entraîneur ...

Je pense à Héloïse, ma fille, qui m'a accompagné en août.
On en a vécues, des choses ... comme celles-ci aussi.
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S'il est vrai et sincère, mon désir, mon besoin de partager les moments forts de grâce et de plaisir,
je sais qu'il m'est tout aussi nécessaire de partager les épreuves ... et les faiblesses.

Et si ce soir, je voudrais vraiment être à deux sur ce banc, ce n'est pas pour recevoir, mais pour partager.

Se retrouver dans la fatigue ou le vague à l'âme de l'autre, comme dans un miroir ... et en sortir ensemble.

Je voudrais la rassurer, penser aux beaux moments vécus, la faire sourire d'une histoire ou d'un câlin, dévorer ensemble une tablette de chocolat (noir aux amandes grillées ... hmm ! ... euh ... je n'ai que des barres énergétiques), pourquoi pas le taxi ou pire, l'hôtel (là, suis sûr quelle reprendrait du poil de la bête pour ... m'envoyer sur les roses ! Yes !!! Gagné !).
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Entendre sa voix, retrouver son sourire et l'éclat de ses yeux dans l'infini de la nature et de l'amitié ...

Mais, je rêve ? !

Elle vient de se lever ...

... et je la suis.

La grille du cimetière laisse entrevoir un joli carré d'herbe tendre.
Pourquoi pas ?
Mais une dame âgée en sort et m'indique le gîte.

Pas de lumière. Fermé, ou bien ils dorment déjà.

Nous remontons la route vers les chalets.
Ce sera ici.
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Il y aura bien un matin ...
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Hubert

Jura 14 (5) ...Merveilles ...




Chroniques de la "Forêt qui n'en finit pas" (4) *

La traversée fut vraiment longue, mais au bout, quelle récompense !
Entre le "Chalet de la Chèvre" et la "Sermangindre" (1272 m) une vallée magnifique comme une Terre Promise, une émotion et un plaisir intense comme ceux que j'avais ressenti dans la "Vallée de la Mort" , aux alentours de "Zabriskie Point" (USA). **

Je ne peux décrire mon bonheur avec des mots mais je vous invite à découvrir cette "Vallée" à travers mes photos : arbres morts en arêtes de poisson, mégapoles de taupinières, rochers, creux et bosses de verdure ...

Et puis, et puis ...

dans ce décors de cinéma ...
des acteurs ravis de vivre ...

- un couple d'agriculteurs avec leur garçon (ado malade mais heureux)
- ce groupe d'enfants en VTT chevauchant sur les pistes du Far-West
- des couples d'amoureux "seuls au monde" qui ne m'ont même pas vu
- deux amies (suivez mon regard) joyeuses et papotant sans fin ...
- un couple (env. 60ans), tous deux très élégants, marchant main dans la main. Ils sont beaux et charmants. Ils me touchent beaucoup. Je crois que je les envie. Ils viennent vers moi puis me proposent une poire, voyant que je n'avais plus d'eau.
- cet autre couple plus jeune et encore "en amitié" (regards croisés attendris, les baisers sont pour bientôt ...)
- près du parking, des mamans avec les poussettes (les papas travaillent)

Une "Vallée des Merveilles" naturelles et ...

... humaines !

Hubert
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* Titre d'un roman de la série "Signes de piste" de P.Joubert et J. L. Foncine. En fait, ici, c'est la "Forêt du Massacre".
** Voir aussi le film d'Antonioni (1970)
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Jura 14 (4) ....... Bravo !!!


Chroniques de la "Forêt qui n'en finit pas" (3)

A gauche : sentier balisé mais incertain, pente vertigineuse, broussailles épineuses et joli panneau officiel "Zône naturelle protégée - Arrêté Trucmuche - Grand Tétras"

A droite : large chemin forestier en pente douce qui va au même endroit (j'ai la carte) en 2X moins de temps.

C'est sûr, je suis pour la protection absolue et inconditionnelle du Grand Tétras, maillon essentiel de l'harmonie de la Nature.
Ma conscience citoyenne me commande de prendre (à regret) à droite.

Vous auriez fait comme moi ..

... non ?

Hubert

mardi 9 décembre 2008

Jura 14 (3)... Le gibier a sa chance !

Vue depuis le belvédère des Dappes (1400 m)

Chroniques de la "Forêt qui n'en finit pas" (2)

Marche à l'ombre ...
Petit bonhomme de chemin ...

Un peu partout, des parkings de chasse (Ah ?)
Soudain, "ils" sont là : trente voitures, au moins; beaucoup de 4X4.

"Ils" !
S'agit pas de les rater !
En attrapper au moins un !

Sous le feu nourri des questions, le chasseur cerné avoue :

- sur les 4 communes, "ils" sont environ 50.
- le quota des bêtes à "prélever" est fixé par les agents de l'ONF qui nous remettent autant de"bracelets" destinés aux animaux abattus. Gare aux contrôles !
- pas de limites pour les sangliers ... quand on en trouve !
- en tout, par an, et pour l'ensemble de la société de chasse, nous "prélevons" (on ne sourit pas SVP) environ 4 cerfs, 10 chevreuils et 10 sangliers ... (année faste)

Lui-même, cette année, n'a tiré qu'une seule balle, sur un renard et il l'a ... manqué !
Plus d'un n'a même pas eu l'occasion d'appuyer sur la gachette.

Les paysans attendent aussi d'eux qu'ils protègent les cultures.

Parfois, un banquet réunit chasseurs et propriétaires forestiers autour d'un cerf ou d'un sanglier, comme d'autres font un méchoui ou un rôti de dinde à Noël.

Ils aiment la nature, passer de longues heures à se promener avec les chiens ...

Voilà.
Celui qui a vu et entendu a raconté.
Chacun pensera ce qu'il veut ...

Mais où sont les femmes ???

Hubert

Jura 14 (2) ....... Action !!!

Télé-réalité ...

Chroniques de la "Forêt qui n'en finit pas" (1)

Imaginons ...

Vous flânez dans la rue, pensant à rien, et "switch", "plaf", "stong", vous voilà les quatre fers en l'air, une jolie crotte jaune bien molle épargnant un bleu disgracieux à vos petites fesses délicates ... (ouf !)

Haha !

Sauf qu'en réalité, vous tirez la langue sur une pente raide dingue et "hopla" *, en moins de deux, le sac de de plomb vous a tiré en arrière et vous atterrissez sur un joli rocher pointu qui a visé vos vertèbres puis vous comptez les étoiles la tête en bas.

Ca va ? Rien de cassé ?
Se défaire du bazard, récupérer ce qu'on retrouve, feuilletonner la gadoue ... photo pour le blog ...

Et ... le caillou pointu ?

Ca, c'était du cinéma; la tente a amorti, mais chut ... ne le répétez pas !

Ou plutôt si ...
à tous ceux qui rigolent quand ils me voient passer avec mon parachute sur le dos !

Compris ?

Hubert

* "Hopla !" Ici: Patratras ! En général : Pardon, je vous prie de bien vouloir m'excuser !

Jura 14 (1) Vous allez voir ce que vous allez voir !!!


Démonstration !

C'est bien joli, une tente qu'on jette en l'air le soir, montée en 2 secondes !
Mais le matin, il faut la replier.
Et sur ce coup-là, elle n'est pas là, ma fille Héloïse ...

"T'en fais pas, papa, t'as qu'à regarder ma vidéo !"
Charmante, non ?

Mais j'ai plus d'un tour dans mon sac ...
Je vais faire mon propre film, et je n'aurais qu'à le regarder sur mon compact pour en prendre de la graine. (Héhé !)

Aussitôt dit, aussitôt fait !

Le résultat vaut son pesant de cacahuètes ...
Comment, vous avez bien rigolé ?

Rira bien qui ...
... allez, faites moi plaisir, repassez le ...

et bientôt ...

je serai people !

Hubert

Jura 13 (3) ..Enchantés ... !


A la "Grenotte"

Je quitte sans regrets la foule policée des touristes et je commence à remonter de l'autre côté de la vallée. La région est vraiment magnifique sous le soleil de l'après-midi, et je retrouve enfin mon ombre qui m'avait boudé pendant quelques jours.
Je respire , je souris aux alouettes, mon coeur est léger et je mes pas foulent l'humus des aiguilles de sapins. Je me sens "de la terre" et bien vivant.
Il fait presque nuit quand j'arrive au gîte de "La Grenotte". Il est fermé, mais deux enfants de 8 et 10 ans dévalent le pré suivis de leurs parents. L'occasion est trop belle de passer un bon moment en chansons.

On me fait entrer et je leur chante une bonne partie du répertoire de ma chorale d'école. Ils applaudissent, battent des mains et reprennent les refrains avec moi sous le regard attendri de papa et maman.

Un pur moment de bonheur !
Rituel du soir : la tente sous la fenêtre et "dodo"...
Hé, là ! Pas si vite !
Le chat de la maison défend son territoire !
Tenacité et persévérance pour grimper grimper sur mon abri qui se dérobe !
Le "monstre barbu" devra montrer le bout de son nez pour calmer les ardeurs du matou ... et sauver sa précieuse toile de ses griffes.
Aux aurores, comptez sur Médor pour un réveil en musique !
La terre est à tous ...
à eux aussi !

Hubert

.......... L'ALBUM-PHOTO de la journée ..........

lundi 8 décembre 2008

Jura 13 (2) ... Les Rousses ...


Musarder ... minauder ...

De bien jolis mots ...
Chacun le sait, les hommes musardent et les femmes minaudent ...
(la Haute-Autorité vous reconnaît un droit de rectification ... si nécessaire)

Donc, j'ai bien musardé sur les hauteurs, la troupe est sèche et on n'est pas en vacances.
En route vers la civilisation !

Les Rousses. (enfin !)

Station huppée, une autre planète : grosses cylindrées, restos-chics et belles pépées ... !!!
Euh, ... à vrai dire, hm ... les jeunes sont plutôt en train de travailler dur pour financer les retraites de ceux qui ont le temps de dépenser par ici.

Par contre, le randonneur fait un peu étrange, voire exotique. Les sourires (admiratifs ?) le suivent quand il slalome entre les stands de cartes postales et les menus étoilés avec ses bâtons de ski (c'étaient donc des sourires éberlués !).
Vite, une épicerie !

"Oui, oui, par là-bas, tournez à gauche à l'horodateur, traversez le parking du centre commercial (village de montagne !), montez un peu, puis à droite après la fontaine (non potable !) ...
Vous aimez marcher, non ? "

Comme d'habitude, le commerçant est sympa : petite table, couteau ; je fais mes sandwiches sous l'oeil amusé des gamins nourris au "Mc Do" et "triangles sous cellophane". Comme un stand de foire.

Je suis enseignant, non ?

Mais pas question d'y goûter, hein !

Hubert

jeudi 4 décembre 2008

Jura 13e (1).. Let the sunshine ...!

Imaginons une idylle ...


Deux fois que je parle anglais ...
Serais-sous influence ?

L'ombre dansante des feuillages m'a fait signe à travers la fine toile de tente.

Au réveil, le soleil est là, chaud et rassurant.


Je découvre enfin le coin idyllique où le hasard de la nuit m'avait conduit.

Au dessus des Rousses, une buvette (fermée) avec des bancs et des tables sous un soleil de plomb. Je déballe tout et c'est le grand séchage.

Pour les chaussettes mouillées que je traîne depuis le Mont doré, il était temps. Je me serais bien passé de cette publicité ambulante pour mon cher, très cher, Munster des chaumes vosgiennes.

C'est aussi l'occasion de me recharger en bon moral et de rassembler mes souvenirs pour notre blog.

Je découvre la table à bronzette azimuthale !

J'effectue une rotation d'un quart de tour toutes les demi-heures pour bronzer uniformément afin d'acquérir le fameux "look du randonneur-baroudeur !"

C'est une technique qui me vient de la lointaine époque de mon début de carrière. Il m'arrivait d'observer par mes fenêtres du premier étage de l'école, une charmante collègue qui avait déjà dépassé l'âge de la retraite.

Chaque jour ensoleillé, elle arbitrait les parties de ballon-prisonnier successivement des 4 côtés du terrain en tirant sur son pull pour offrir la bonne épaule à l'Astre des Cieux.

Elle ne manquait pas d'adopter le short (tenue de sport des élèves oblige !), afin que ses jambes (qu'elle avait fort belles), ne soient pas jalouses.

Le programme officiel prévoyait 5 h d'EPS obligatoires qu'elle respectait scrupuleusement.

Les gosses étaient ravis ...

et nous aussi !

Hubert